Science et métaphysique

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Science et métaphysique

« La métaphysique est une science. La science n’est pas métaphysique. Il n’y a pas d’expérience métaphysique »

par Frédéric NEF
jeudi 7 mars 2019 de 17h00 à 18h30
Amphithéâtre Mona OZOUF

Le conférencier :

Directeur d’études à l’EHESS, Frédéric NEF est membre de l’institut Jean-Nicod CNRS/ENS Paris. D’abord intéressé aux questions de philosophie du langage Logique et langage, il s’est peu à peu tourné vers la métaphysique telle qu’on la pratique dans la tradition dite « analytique ». Il défend une ontologie fondée sur les propriétés, où le concret est conçu à partir de collections de « particuliers abstraits ».

 

La métaphysique dans sa forme classique n’existe qu’au Moyen-Âge et la science au XVe-XVIe siècle, mais la métaphysique comme science générale (generalis) n’existe qu’au XVIIe avec son noyau central l’ontologie. Chez Aristote on parle de connaissance des principes et chez Platon de dialectique. Le parallélisme entre la métaphysique et la science n’existe donc réellement qu’à partir de l’âge classique. Bien sûr un coup d’oeil rétrospectif peut nous faire mettre en regard par exemple l’optique et la partie noétique de la sciences des principes, mais cette mise en regard est complètement différente de la métaphysique du jeu de miroirs de la science et et de la métaphysique. C’est probablement chez Descartes et Leibniz que cette mise en regard atteint son point de maturité. La science devient une mathesis generalis et la métaphysique une scientia generalis la différence n’est pas la généralité ou l’universalité, c’est la mathématisation ou pas. Leibniz pousse la parenté architectonique jusqu’à faire de la Logique une figure de la métaphysique. La logique est à la fois ars inveniendi et ars judicandi et la métaphysique réclame une combinaison d’invention et de jugement pour atteindre une certitude et une rigueur quasi mathématiques, en même temps que la métaphysique est la science du beau, du vrai et du bien, c’est à dire des transcendantaux où le vrai désigne la science générale de la logique. Cette symphonie ne sera plus audible à partir des Lumières et cette perte de l’audibilité ira dans le positivisme de Comte jusqu’à la suppression de la métaphysique pour libérer la science.

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